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Comment protégeons-nous les glaciers

Partout dans le monde des actions sont entreprises, sur le terrain, pour limiter la fonte des glaciers. Voici quelques exemples en Suisse. Voir descriptif détaillé

Comment protégeons-nous les glaciers

Partout dans le monde des actions sont entreprises, sur le terrain, pour limiter la fonte des glaciers. Voici quelques exemples en Suisse. Voir descriptif détaillé

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Introduction

En 2016, la Suisse comptait 1 800 glaciers. Ces derniers sont un patrimoine commun et constituent une réserve d’eau importante, mais ils sont menacés par le réchauffement climatique. Chaque année, ils perdent un kilomètre cube de leur volume. Pour lutter contre ce phénomène certaines personnes ont décidé de les revêtir d’un manteau blanc. Quelle drôle d’idée !

Le Projet

Le principe

Le principe physique de ce mode de protection est simple. Il s’agit de réfléchir vers l’espace le rayonnement solaire. La neige possède naturellement un tel pouvoir réfléchissant élevé (albédo). Mais la glace, plus sombre, capte plus de chaleur. « La différence entre les deux surfaces est très marquée, confirme Christian Vincent, du laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement (LGGE, CNRS) de Grenoble. Pour la neige, 70 % à 90 % du rayonnement solaire incident est réfléchi. Mais, pour la glace, l’albédo se situe autour de 40 %, en fonction de sa propreté. »

La vitesse de fonte est directement fonction de l’albédo. Une température positive de 1 ºC entraîne une fonte de 4 millimètres d’épaisseur de neige par jour. Dans les mêmes conditions, la glace diminue de 6 millimètres.

Les glaciers sont bâchés pour préserver leur glace de la pluie ou du soleil

Prenons l’exemple du glacier du Rhône, en Suisse.


« Les hommes couvrent les corps des morts de linceuls avant de les introduire dans l’oubli »
AGONIE D’UN GLACIER
Par Laurence Piaget-Dubuis, Glacier du Rhône, Valais, Suisse.


Ce glacier, qui donne naissance au Rhône, a réduit de 1,4 kilomètre et perdu environ 350 mètres d’épaisseur de glace depuis 1850 dont 40 mètres dans la seule dernière décennie. Des couvertures recouvrent une partie du glacier depuis 2007. Ils espèrent ainsi ralentir la fonte de 50 à 70 % en été. Mais avec le réchauffement climatique, le bloc de 2 km3 devrait tout de même perdre la moitié de son volume.

On emploie du textile non–tissé à 2 couches pour recouvrir les glaciers. Alors que les films synthétiques sont étanches, les textiles non–tissés sont perméables à l’eau et à l’air. Ils protègent du rayonnement thermique et des rayons UV, ce qui limite ainsi la fonte de la neige et des glaciers. Soudées ensemble ces bâches peuvent recouvrir une superficie atteignant 100’000 m2.

On entreprend des actions pour limiter la fonte de ce glacier du Rhône mais en parallèle on creuse chaque année une galerie artificielle d’environ 100 m, à proximité du col de la Furka, pour attirer les touristes. On détruit le glacier de l’intérieur depuis 1870. La fonte y est tellement importante, qu’il pleut à l’intérieur de cette galerie.

Pour en savoir plus : www.lemonde.fr/planete/video/2015/0...

D’autres activités récréatives de sport d’hiver sont menées sur des glaciers et ont recours au recouvrement, en particulier sur les nombreux domaines skiables sur glaciers. Un exemple : le glacier du Gurschen au Gemsstock (2961 m), près d’Andermatt (UR), ou depuis 2005, la partie supérieure du glacier, est protégée en été par une bâche destinée à permettre le maintien de l’exploitation d’une piste.

« L’objectif est d’éviter que les skieurs râlent parce qu’ils sont obligés de déchausser avant la fin de la descente », explique Urs Elmiger, l’un des responsables de l’opération de recouvrement du glacier du Gurschen.

D’autres recouvrements partiels de pistes sur glaciers sont réalisés en Suisse, comme par exemple au glacier du Vorab près de Flims/Laax (GR) [depuis 2006], au glacier du Milibach dans la région de Lauchernalp/Lötschental (VS) [depuis 2006], au glacier de la Längfluh au-dessus de Saas Fee (VS) [depuis 2006], ou encore au glacier de Tortin près de Verbier (VS) [depuis 2005]. Les surfaces recouvertes sur les domaines skiables sur glaciers en Suisse sont considérables.

Encore combien d’années les sociétés de remontées mécaniques vont-elles dissimuler les effets du réchauffement climatique sous des bâches ?

Sources :
CIPRA Suisse / mai 2007 « Recouvrements de glaciers et gestion de la neige »
CIPRA INFO no 81/2006, Le ski pour l’éternité, amen ?, pp. 4 ss.
www.lemonde.fr/planete/article/2005...

Recouvrir avec de la neige fraîche fraîche

Recouvrir le glacier de neige artificielle

Le principe est simple : créer de la poudreuse artificielle sur le glacier pendant la période estivale. Cela empêcherait que les rayons du soleil fassent fondre la glace et permettrait au glacier de se reconsolider. Un premier test est en cours en 2017 sur Le Diavolezzafirn, un petit glacier du sud-est de la Suisse (GR). Dans un second temps, l’objectif est de recouvrir de neige artificielle un glacier Suisse plus important, le glacier Morteratsch (GR). Chaque année, le plus grand glacier de la chaîne Bernina recule de plus 30 mètres. En 140 ans, il a cédé près de 2 kilomètres ! Contre ces maux, un scientifique Hans Œrlemans, spécialiste des glaciers à l’Université d’Utrecht aux Pays-Bas a calculé qu’en faisant fonctionner 4 000 enneigeurs chaque été, le glacier pourrait regagner 800 mètres de calotte en une vingtaine d’année.

Source : https://detours.canal.fr/de-neige-a...

Tant qu’à consommer de l’énergie, qui en 2017, n’est toujours pas 100% renouvelable et sans impact sur l’environnement et le climat, autant introduire la climatisation dans le glacier.

Et si on mettait la climatisation ?

Cas du Titlis, dans les Alpes de Suisse centrale (OW)

En 2013, déjà, la grotte glaciaire du Titlis était refroidie avec de l’air conditionné. On y diffuse de l’air à -7°C ce qui aurait diminué la fonte de glace de 300kg/jour à 150 kg/jour. L’eau est acheminée grâce au téléphérique. Ce dispositif qui aurait coûté 1’000’000 CHF permettrait de conserver l’accès aux touristes de cette grotte pour les 10 à 20 prochaines années. Cependant, il est clair que la présence de visiteurs dans les grottes glaciaires accentue la fonte des glaces en apportant de la chaleur corporelle.

Source : www.rts.ch/play/radio/intercites/au...

Conclusion

Tous ces dispositifs coûteux ne sont pas installés dans le seul but de protéger ce patrimoine. Elles desservent avant tout des intérêts économiques en permettant le maintien d’activités touristiques sur ces zones sensibles.

« Cependant, tous les glaciers Suisse auront pratiquement disparu à la fin de notre siècle. »
Propos de Martin Funk, glaciologue à l’EPFZ et guide de montagne


A lire également : Les glaciers, Les glaciers : impact du changement climatique ou encore Bilan énergétique d’un glacier alpin

Si cette thématique vous intéresse, le Programme de Recherche et d’Education Minéo et Objectif Sciences International organisent des séjours de Recherche Participative et des sorties scolaires au glacier de Zinal, en Suisse (VS), dans le cadre du projet ZinalIceEco’Lab.

Autres sources d’informations :
- www.lalpe.com/lalpe-78-climat-sale-...
- Alpes, des glaciers sous surveillance : www.universcience.tv/video-alpes-de...
- 360° Geo – SOS, glaciers Suisses en danger

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